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  • : GRIPPE MONDIALE - VIRUS H5N1
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  • : PANDÉMIE DE GRIPPE PAR LE VIRUS H5N1: urgence, dangers,solutions,informations, contacts, échanges constructifs, colaborration internationale, par un professionnel de la santé ayant les compétences nécessaires: Méd. Génér.+ sant. publ., méd. trop. (Afriqu
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J'entends à mes côtés la respiration calme et profonde de ma chère et tendre femme. Quel bonheur de regarder son visage serein et angélique. Ses longs cheveux noirs entourent son visage de madonne. Le vrombissement rapproché  d'un charter, chargé  de vacanciers du troisième âge, fait trembler la maison. Je jette un dernier regard tendre vers la vie tranquille ensommeillée dans les rêves de printemps, et je me glisse silencieusement hors de mon lit. Le parquet craque doucement, elle pousse un soupir,  déjà je descends les escaliers en effleurant les marches du bout des pieds.      

Je pousse la porte menant au jardin. Un vent frais parfumé m'étourdit. Je marche dans l'herbe mouillée de rosée, et la terre me remplit d'énergie. Les fleurs me regardent et attendent le mouillé de mon arrosoir.  L'oiseau m'épie, il ne s'envole pas, on est complice, on se partage la vie naissante, alors on se salue.Tantôt tu dormiras à l'ombre dans le creux des fourrés, et moi j'irai courir les rues pour faire visite à mes patients, alors ...à ce soir mon ami, avant que le soleil ne se couche, garde bien le jardin et prends garde aux chats de passage....

J'allume le percolateur. J'attends le début de son crachottement, et rassuré je descends dans mon bureau.. J'ouvre tout grand la fenêtre de mon cabinet médical donnant  sur le jardin, et j'appuie sur le bouton fatidique. Un ronronnement avec des cliquetis et des craquements annonce un écran  blanc comme le vide, blanc comme la mort, blanc comme la feuille blanche du destin, en attente de la délivrance et de l'accouchement des mots.

Je vais aux nouvelles sur le net, et je pars en voyage pour survoler les continents. Je connais mes trajets, et ce matin je me dirige vers l'Indonésie, car hier soir le site de mes amis français sur la grippe aviaire, m'avait laissé perplexe. Voici un extrait de leur article gravé dans ma mémoire de la nuit:"Hier, nous apprenions que six patients étaient suspectés pour des symptômes de grippe aviaire. Aujourd'hui, ce chiffre est passé à neuf patients. Voici les derniers détails de ces cas: Le nombre de patients suspects de grippe aviaire traités dans l'enceinte de l'hôpital Meutia...." 
                                       A SUIVRE ....VOICI --->

Sur le moteur de recherche de l’internet, je tape avec rapidité et automatisme: «avian flu». Mon regard avisé parcours les titres du jour.
Soudain ma lecture rapide en diagonale  se bloque comme un coup de frein,  devant un obstacle imprévu : « familial cluster or epidemic’s start ?».
Il a été écrit cette nuit, car il porte la date du jour.
Source :Xingua-post.  Author : unknown
Texte: " Un médecin de l’Hôpital de X,  désirant garder l’anonymat,  se voit dans l’obligation morale d’annoncer la présence de nombreuses hospitalisations  dans le service de médecine interne qu’il dirige. La plupart des patients sont atteints principalement  de symptômes respiratoires de gravité diverses . Ils proviennent tous d’un petit village perdu dans un coin de montagne,  situé à une dizaine de kilomètres de l’hôpital. Un vent de panique a  gagné  la population du village. Celui-ci voit ses habitants fuir petit à petit les lieux  dans la hâte et la précipitation, pour se diriger aux alentours de l’hôpital. Quelques vieillards s’abandonnent au destin de la mort dans  ce petit village à l’agonie. Les autorités locales provinciales se refusent à toutes déclarations ou interventions, de peur d’augmenter encore plus les mouvements de panique des villages avoisinants, et de plus ils manquent totalement de directives et de moyens pour faire face à cette catastrophe débutante » .

Bouleversé par cette  appel de détresse , je me mets à chercher  fébrilement  d’autres articles confirmant cette annonce, mais en vain ... ;;;
le monde entier se « porte bien »: il continue sa route  imbécile de production-consommation.

Le ding dong de l’horloge de mon bureau me rappelle à l’ordre. Ah oui, où en étais-je, c’est cela, une tasse de café,  un morceau de pain, et des nuages noirs plein la tête, car j’ai  un mauvais pressentiment.  Allez bon, basta avec les rumeurs ,. Il faut me dépècher car la journée va bientôt s’animer . Encore quelques instants de douceur : mon corps crépite sous la pluie tropicale de la douche ,  mais  en  pensées, je  voyage quelque part là bas très loin où se joue, peut-être un drame.

 Je m’arrache à mes pensées, et je tire un rideau sur cette fenêtre de la vie.  Dans la précipitation je m’habille et je descends quatre à quatre les escaliers.
Dans la petite cuisine j’embrasse ma femme s’affairant à préparer le petit-déjeuner. La chaleur de la famille, autour de la table du matin, me laisse croire à la vie, les enfants déversent leurs flots de paroles comme un ruisseau bienheureux. Au revoir les enfants … et bonjour au conducteur de tram  et puis à tout …La porte d’entrée devenue sortie, claque en résonnant …  le  téléphone sonne …. oui madame , c’est bien cela …comme convenu je passerai  ce matin  à 10 H  …oui monsieur …. certainement madame …un instant je vais chercher vos résultats…. oui monsieur , absolument,  avec un peu de patience .. pour demain ….parfait ….. bien …  absolument ….et  la page du grand agenda  se rempli de guirlandes de noms .

Ma chère femme vient m’apporter un  flot  de courriers. Comme une marée montante, les enveloppes envahissent mon bureau. Alors j’ouvre, je lis, nous classons, et nous préparons le parcours de la journée .

Mais le bruit timide et discret de l’ordinateur me hèle, m'appelle, me rappelle.
Alors j’appuie doucement sur la barre de tâche, pour faire disparaître le lagon de mon fond d’écran …et je revois la sentance : « familial cluster or epidemic’s start ».
Pour me rassurer, je répète en moi même: "à suivre".
Ainsi mettre le doute sur une réalité me  permet d'effacer une angoisse morbide.
Finalement, je m'éloigne artificiellement d'un petit village souffrant quelque-part dans le monde.
Néanmoins, j’annonce et  mets l’article en lien sur mon blog de la grippe aviaire.
Ensuite, je cède la place à ma femme, l’embrasse tendrement dans le cou, et file vers la lourde porte de la maison. Elle claque doucement, avec un peu d'hésitation, presque sur la pointe des pieds, pour ne pas brusquer la maison.

Ah,  l’air sent le  frais et le ciel respire le  bleu, le soleil réchauffe les façades . La journée sera belle. Oh,  vivement ce soir, pour retrouver les senteurs du jardin  après avoir mouillé de pluie d’arrosoir les fleurs de l’été. Comme j'aspire alors à m'asseoir sur le bord d'une pierre, et puis  regarder et entendre sans ne  plus rien faire les petits bonheurs de l'été, seulement vivre et aimer pour embrasser la vie.

Déjà les joies et les peines  des patients se succèdent dans les maisons. Tout le monde de la ville  transpire, halète, s'époumone au moindre effort, et cherche un coin de fraîcheur. Les ventilateurs brassent l'air, il doit être midi, déjà une demi- journée d'écoulée, cela donne du courage. Déjà je peux viser les 4 heures,  le retour à la maison et le début des consultations. La journée s'étire, et je me tire dans la chaleur étouffante.

Enfin, je franchis le seuil de la maison, et un vent de fraîcheur essuie les quelques gouttes de sueur  me collant au front. Je salue les quelques patients courageux de la salle d'attente. Le travail ne sera pas trop long,  et déjà je pense à ce soir.... le jardin, les fleurs, le rire en cascade  des enfants, le tendre sourire de ma femme racontant...

Les heures coulent dans le ruisseau du temps, le chant de la vigne  s'éloigne, et la lumière de la vie allonge les ombres de la mort. Quelle sinistre pensée me traverse maintenant brusquement en ce soir d'été.

Pourquoi ?

La lumière frissonnante s'épuise comme la flamme d'une bougie.
Rentrons, il se fait tard. On devine encore  les taches de couleurs dans le noir.
Le monde s'endort doucement. Il ignore, il dort, jusqu'à demain,  un autre jour, un jour où tout peut arriver, ... alors , allons trouver le repos  pour laisser le noir à la nuit.

Il faut permettre, le temps d'un soupir, au  monde d'ici, de tomber  assoupi. Chut, il s'est  endormi. La nuit de l'esprit se remplit d'étoiles et de rêves.
Docteur, docteur, écoute.  Il est minuit, et le monde d'ici s'est évanoui sans un cris. Là bas au loin, quelque part sur la terre des gens  veillent et  pleurent. Il est minuit docteur Schweitzer...il faut dormir. Il faut dormir  pour ne pas mourrir, et ainsi, tu dois déposer ton  corps meurtri par l'esprit, dans le sein de la terre, le temps de renaitre comme le germe de la graine, dès la chaleur du premier rayon du soleil du matin.  

Déjà le ciel s'allume. Un blanc lumineux salue le jour naissant, et déjà je veille devant le petit écran. Pas de nouvelles, bonne nouvelles,...rien, ....le monde semble aller bien. Le petit village bouleversé a disparu....plus de morts et plus de vivants. J' éteins l'ordinateur, et je monte vivre le petit-déjeuner.

J'ai trop veillé et mon esprit sommeille. Le jardin s'est reposé lui, et voilà qu'il s'éveille.

A SUIVRE..... le train du destin se met en marche, le temps s'accélère, le monde se bouleverse, et un voile de brume, efface les repères de la vie. L'obsession des médias  envahit  la planète, les experts se confondent en réunions, les responsables déclament des discours.

Quel bouleversement alors que tout allait "presque"
si bien ! 

Comment ? Quoi ? Que se passe t'il ?

Vous le saurez   bientôt !  Le temps de...dire ce qui pourrait arriver ....?     


 
                                

La sonnerie de mon réveil mécanique déchira la brume de mon sommeil appesanti. Déjà trois heures du matin . C'est avec regret que je quittai la chaleur de ma couette.
Je descendis les escaliers de ma maison silencieuse, je me précipitai dans la cuisine, et comme un zombie, je  remplis la machine à café d'eau et de quelques doses de poudre. Pendant que le percolateur froufroutait et crachait son liquide noir stimulant, j'essayais de reprendre mes esprits, affalé sur une chaise en suçant un morceau de biscuit  trouvé sur une table. C'est dur de se réveiller après trois heures de sommeil.
  
Hier, il était minuit quand j'ai fermé la lumière. Juste avant mon voyage au pays des songes, j'étais allé sur le site web de mon pays pour  voir si de nouvelles directives avaient été formulées depuis le début de l'épidémie de la grippe aviaire, et rien n'avait changé, comme s'il n'y avait jamais eu de pandémie. Une seule phrase  résonnait encore  dans mon esprit: " Le grand nombre de questions encore sans réponse concernant l'organisation des soins de première ligne lors d'une pandémie reflète dans un certain sens l'incertitude de la pandémie elle-même. Toutefois, les médecins généralistes sont des experts dans le maniement de l'incertitude, et ils sont dès lors bien placés pour s'adapter à un phénomène sanitaire imprévisible. Pendant une pandémie grippale, ils joueront plus que jamais un rôle central au sein de notre système de soins".
 
 Bon, je n'avais qu'une chose à faire: continuer mon travail jusqu'à.....on verra ...enfin je ne sais pas quoi .... Je bus lentement mon café tout en mangeant des biscuits trouvés dans une armoire. Ma femme et les enfants  étaient partis à la campagne chez mes parents, possédant une  maison assez bien isolée. Les écoles du pays avaient dû fermer leurs portes pour éviter que la contamination ne se propage encore plus.
 
 Mademoiselle Flore, patiente, ancienne secrétaire m'avait spontanément proposé ses services, pour assurer le secrétariat, c'est à dire répondre aux nombreux appels.
Beaucoup de gens étaient affolés, car les grands magasins avaient été vidés, et ne savaient
plus  comment se procurer des vivres. D'autres demandaient comment se procurer des médicaments contre la maladie, d'autres encore voulaient prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre ce virus de la grippe . De vaccin, il n' en existait pas encore, et il n' en existerait pas encore avant 6 mois et l' antiviral Tamiflu n'existait pas en pharmacie.
 
Ma pharmacie du coin, tenue par trois braves dames, que je connaissais bien, avait été attaquée hier par une bande de trois individus armés. Ils n'avaient pas reçu de réponse positive à leur demande, et se sont mis à démolir tous les rayons et annexes de la pharmacie pour trouver du Tamiflu introuvable .Trois ambulances sont venues chercher ces trois braves dames lynchées avec une brutalité bestiale. J' avais les larmes aux yeux en croisant du regard les  visages tuméfiés  de celles que j'avais si bien connues dans le passé.
 
 L' horloge de la cuisine sonna 3 heures et demi ,  et dans une demi-heure, mademoiselle Flore allait arriver. Je me dépêchai de vider mon café, de prendre ma douche, d' aller ouvrir les serrures spéciales de ma porte d'entrée, afin que, lorsque celle-ci  sonnerait, je puis être prêt .
 
 À 4 heures pile, mademoiselle Flore sonne, et à 4 heures 5, je débloque mon répondeur. Mademoiselle Flore et moi-même notons les visites à faire. Pendant mon absence, elle répondra aux différents appels et pilotera les visites supplémentaires pendant ma longue tournée. Nous sommes le vingtième jour de la pandémie, et je dois voir 30 familles de grippés, et 10 visites normales. À cela s'ajoutent les appels supplémentaires que mademoiselle Flore  me communiquera pendant mes trajets, et mon GSM sera mis en charge permanente dans ma voiture.
  
Il est 5 heures et il fait déjà fort clair, car nous sommes le 10 juillet. Le ciel est bleu. La journée sera chaude, mais j'aime cela: cela me rappelle l'Afrique.
La rue est vide, je cherche ma voiture, je ne la trouve plus. Je ne me souviens plus où je l'ai stationnée hier soir. J' étais épuisé à minuit. Je me souviens que j'étais du côté de la gare à environ un kilomètre. Maintenant, il n'y a plus de travail, et les gens, obligés de rester à la maison, ont préféré stationner leurs voitures le plus prêt possible de leur habitation. Alors il est difficile de se stationner pour le corps médical. Enfin, je reconnais ma voiture, pas loin de la gare déserte.
La porte claque et je jette un coup d'oeil inquiet sur la jauge d'essence.
 
Première mission: me rendre à une adresse de la santé publique inconnue du public, pour faire le plein en comprimés de Tamiflu. Arrivé devant le bâtiment ad hoc, je vois que déjà de nombreux confrères ont stationné leur voiture n'importe comment, et font la queue devant un guichet sécurisé.  Mes confrères et consoeursqui attendent. Ils ont l'air avachis et ne se parlent pas.
 On dirait un troupeau de bestiaux menés à l'abattoir. Pourtant, on ne fait  que son devoir, et nous sommes des "experts dans le maniement de l'incertitude", a dit le site officiel " influenza.xe " .
 J'ai pitié d'eux, ils ne s'y attendaient pas, et je me souviens de la phrase écrite sur le site officiel de grippe avaire de notre pays: " En période pandémique, l'organisation des cabinets de médecins sera sérieusement mise sous pression, à cause d'une forte hausse du nombre de consultations accompagnée d'une diminution de disponibilité des médecins généralistes (on peut considérer que certains médecins seront eux aussi contaminés par la grippe). " 
 
 Une heure d' attente et me voilà reparti. Il est 6 heures 15, je fonce  vers la première famille d'un  grippé. Dans la voiture, j'écoute une partie des premières nouvelles du matin et j'entends la voix du premier ministre "....nous demandons à la population de rester calme, et d'avoir du bon sens et de la sagesse ....les ministres et moi-même ainsi que l'équipe d'experts faisons tout  pour aider la population dans cette situation de crise imprévue.  Cette pandémie est arrivée plus vite que prévue, aussi ferons- nous de notre mieux, le mieux que l'on puisse faire. ...." C'était un message du premier ministre depuis le centre de crise".  Ce que l'on ne dit pas, c'est que le centre de crise se trouve quelque part en Bilgeque, dans un endroit souterrain à l'abris du virus H5N1 et des révoltes de la population.
PS: D'autres chapitres suivront si la censure me le permet......????
Les textes en rouge sont repris du site "influenza.be", rubrique
"textes scientifiques", article intitulé:(28/04/2006): " Article paru dans la presse professionelle: Première ligne en cas de pandémie de grippe" .

                                             

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L'Auteur du Blog : Dr Michel S.F.Vermeulen           
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                                 Belgique

E-Mail:  drmsfvermeulen@yahoo.fr  

 Pourquoi ? LA VIE EST ENTRE NOS MAINS, CAR LA SAGESSE EST DANS NOTRE COEUR, ET L'AVENIR RÊVÉ SE TROUVE DEJÁ DANS NOTRE REGARD. NE VOUS DÉCOURAGEZ PAS: SEULEMENT DE LA BONNE VOLONTÉ, DE LA PATIENCE, DE LA SAGESSE, DE LA COMPÉTENCE ET L'ESPRIT HUMANITAIRE, SUFFIRONT À VAINCRE LA DIFFICULTÉ. ET, AYONS CETTE PRISE DE CONSCIENCE UNIVERSELLE ET ENGAGÉE POUR APPRENDRE À VIVRE ENSEMBLE SUR UNE TERRE QUE NOUS NE VOULONS PAS VOIR MOURRIR D'INCONSCIENCE ET D'ÉGOÏSME.

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